Poésie - Jean-François ZANETTE

L'archipel des solitudes Prix Jean Aubert 2007 Editions Flammes Vives www.flammesvives.com
Les chansons de l'échanson Prix Gouttes d'Or 2008 Editions Les Joueurs d'Astres www.rezobook.com
Là-bas Et nous irons là-bas, au-delà de l'espace, Quand nous aurons atteint l'âge de dix mille ans, Le temps, il le faut bien, que jeunesse se passe, Le temps que nos cheveux et que nos os soient blancs, Car la terre est trop basse. Et nous irons là-bas, derrière l'horizon, Au-delà de l'horreur, au-delà des désastres, Quand nous aurons atteint l'âge de déraison, Et nous nous mêlerons au souffle bleu des astres Dans une exhalaison. Et nous irons là-bas, loin de ce triste asile De fous vers les pays d'où viennent les corbeaux, Lorsque sonnera l'heure où le futur oscille, Le présent cesse et le passé tombe en lambeaux, Elire domicile. Et nous irons là-bas, aussitôt que nos pouls Nous feront basculer dans les catalepsies, Et nous boirons cul-sec, sans honte ni tabous, L'infini délectable au feu des galaxies Sous l'œil rond des hiboux.
Perdition J'allai dans la nuit noire tel Un scélérat de bouge en bouge Je ne sais plus dans quel bordel Derrière quelle enseigne rouge J'ai descendu d'un piédestal Pour l'adorer sous un portique D'un amour impur mais total Le corps d'une déesse antique Dont le baiser me fut fatal Plus tard à l'heure eucharistique Voulant me délivrer du mal Un homme en robe dalmatique Pria pour moi près d'un autel Mais rien n'y fit pas un cantique Aucun encens rien j'étais bel Et bien perdu Dieu flegmatique Ne bronchait pas je pleurais mais En vain sous la flèche gothique L'idole glabre que j'aimais Comme seul aime un fanatique D'un amour impur mais total Le corps d'une déesse antique Dont le baiser me fut fatal

L'archipel des solitudes

Prix Jean Aubert 2007

Editions Flammes Vives

www.flammesvives.com

Les chansons de l'échanson

Prix Gouttes d'Or 2008

Editions Les Joueurs d'Astres

www.rezobook.com

Là-bas

Et nous irons là-bas, au-delà de l'espace,
Quand nous aurons atteint l'âge de dix mille ans,
Le temps, il le faut bien, que jeunesse se passe,
Le temps que nos cheveux et que nos os soient blancs,
Car la terre est trop basse.

Et nous irons là-bas, derrière l'horizon,
Au-delà de l'horreur, au-delà des désastres,
Quand nous aurons atteint l'âge de déraison,
Et nous nous mêlerons au souffle bleu des astres
Dans une exhalaison.

Et nous irons là-bas, loin de ce triste asile
De fous vers les pays d'où viennent les corbeaux,
Lorsque sonnera l'heure où le futur oscille,
Le présent cesse et le passé tombe en lambeaux,
Elire domicile.

Et nous irons là-bas, aussitôt que nos pouls
Nous feront basculer dans les catalepsies,
Et nous boirons cul-sec, sans honte ni tabous,
L'infini délectable au feu des galaxies
Sous l'œil rond des hiboux.

Perdition

J'allai dans la nuit noire tel
Un scélérat de bouge en bouge
Je ne sais plus dans quel bordel
Derrière quelle enseigne rouge
J'ai descendu d'un piédestal
Pour l'adorer sous un portique
D'un amour impur mais total
Le corps d'une déesse antique
Dont le baiser me fut fatal
Plus tard à l'heure eucharistique
Voulant me délivrer du mal
Un homme en robe dalmatique
Pria pour moi près d'un autel
Mais rien n'y fit pas un cantique
Aucun encens rien j'étais bel
Et bien perdu Dieu flegmatique
Ne bronchait pas je pleurais mais
En vain sous la flèche gothique
L'idole glabre que j'aimais
Comme seul aime un fanatique
D'un amour impur mais total
Le corps d'une déesse antique
Dont le baiser me fut fatal